CENTRE EULIS, UN AN DÉJÀ!

Il y a deux ans, quand j’étais encore à San Francisco, avec mes grands rêves pour l’éducation nationale, mon père était sceptique. Il m’a dit « tu as des rêves tellement grands que j’ai peur que tu sois déçue par la réalité. » Hier, devant plus de 200 personnes, il a dit qu’il était fier de me voir m’épanouir dans ce que j’aime. Et pour moi ça vaut toutes les récompenses du monde. Il n’arrive toujours pas à prononcer le nom de mon Master, et je suis sûre qu’il ne comprend toujours pas forcement où je vais, mais son soutien est inestimable.

Mon bébé a un an et j’ai l’impression que le temps est passé tellement vite. Nous sommes passés d’une salle avec une centaine de livres à deux salles avec plus de 1500 livres. Nous avons vu défiler environ 600 personnes durant cette première année. Ce qui me semble peu, mais reste un accomplissement à célébrer pour faire encore mieux. En un an, nous avons organisé 3 sorties éducatives, une dizaine d’ateliers de lecture, de dessin, d’art contemporain, de danse, etc. Et ces efforts nous ont donné l’occasion de remporter le Prix Coup de coeur au Prix Orange de l’entrepreneuriat social en 2017 et le Prix Impact Social, sponsorisé par la CIE, aux Adicom Awards 2018.

 

Depuis Mars, la Compagnie Ivoirienne d’Électricité a décidé d’apporter son soutien au Centre Eulis pour faire découvrir le monde aux jeunes ivoiriens. À vrai dire, je ne m’attendais pas à grand-chose. Je me gênais même de faire certaines requêtes alors que ceux en face de moi étaient très enthousiastes. En quelques semaines, les agents de la CIE se sont mis à l’oeuvre pour repeindre le premier espace du Centre et rénover entièrement la nouvelle salle. Je suis particulièrement reconnaissante à Ismaël et Andrée qui jusqu’à la veille de la cérémonie, m’accompagnaient encore dans les courses. Au delà du travail qui nous réunissait, on a partagé des fous rires, et les difficultés qui accompagnent ce genre d’initiatives.

Hier nous avons fait une pause pour célébrer nos petits accomplissements. La fête a été belle mais pas sans remous. Je garderai sans aucun doute en mémoire, le sourire de M. Kalif, Directeur Adjoint de la Communication externe à la CIE. Il me rassurait parfois alors que je m’excusais ou m’inquiétais de quelque chose qui n’allait pas comme il faut. Un sourire plein de sollicitude qui m’a mis du baume au coeur. Ses collaborateurs et lui ont été géniaux. Au point où je pourrais ne même plus me plaindre en cas de coupure d’électricité 😂. Fayotte va!

 

Pour terminer la journée toujours dans le sourire, nous avons eu la visite de l’association Geness Crea, accompagnée par la team d’artistes 2A-D. Ce sont plusieurs jeunes, passionnés par le social et l’art, qui ont tenu à laisser leur empreinte sur les murs du Centre. Avec les enfants, ils ont réalisé des fresques murales qui ont apporté encore plus de couleurs à notre espace. Les enfants ont dansé, rigolé, et peint. Le but de Jeunesse Créa est de développer le mouvement Sourire Solidaire, à travers lequel ils feront plusieurs ateliers d’art dans des espaces pour enfants. Leur première initiative a été une réussite au Centre Eulis.

Enfin, je suis reconnaissante envers maman, pas seulement parce qu’elle m’a laissé conduire sa voiture pendant que je défilais entre le Centre et la maison. Mais aussi parce qu’elle répond présente depuis le début, pour m’aider dans l’organisation de tout ce que j’entreprends. Elle est la première à partager mes posts sur Facebook et ne cesse de m’encourager. Je ne sais pas si j’ai été influencée par son métier d’institutrice. J’aurais dit non, parce que j’étais loin d’elle lorsque j’ai décidé de m’investir dans l’éducation. Mais ses conseils, son soutien, et ses jus faits-maison, contribuent sans aucun doute à la réussite de mes activités. Et c’est toujours un plaisir de partager avec elle, toutes ces choses chouettes qui m’arrivent ces dernières années.

Nous ne sommes pas toujours d’accord avec nos parents mais je remercie Dieu de m’avoir accordé des géniteurs qui me soutiennent autant. Hier, le Centre Eulis a eu un an. Je suis passée d’une rêveuse avec de grandes idées, à une rêveuse qui agit pas à pas pour améliorer les choses dans sa communauté. Les erreurs de débutante m’aideront à faire mieux in shaa Allah. Encore merci à la CIE, la Jeunesse Créa, la Team 2A-D, et toutes ces personnes qui me soutiennent sans rien attendre en retour. Cette première année a été un test couronné de succès et j’ai hâte de voir ce que nous accomplirons ensemble dans les prochaines à venir. Que Dieu nous donne la force et la santé pour réaliser nos rêves.

Photos par : Le Canari Communication

Plus de photos sur la page Facebook du Centre Eulis

LE CENTRE EULIS ENTRE EN STUDIO POUR BAYARD

“Non non il faut répéter encore, mais cette fois parle plus fort.” Elias est un peu fatigué mais il ne reste plus que les deux dernières phrases pour conclure.  “Ima et moi on a réussi. Ensemble, on a sauvé Eno.” Trois heures de temps, des répétitions, la chaleur de la cabine d’enregistrement, la fatigue, de légères plaintes, quelques pauses pour chaque acteur, répéter encore et encore, pour enfin avoir un résultat dont on peut être fier. Le Mercredi 21 Février, j’ai embarqué deux lecteurs du Centre Eulis, Elias et Coucouni, pour une aventure dans un studio d’enregistrement. Nous devions plus tard être rejoints par ma sœur et son fils Marc Antoine, et Maika, une jeune passionnée de lecture et sa grande sœur. Bayard Jeunesse Côte d’Ivoire nous avait contacté Hermann et moi, pour travailler sur la sortie du numéro “Planète j’aime lire” du mois d’Avril. Avec le Centre Eulis, je devais tester l’histoire auprès des enfants, puis en choisir quelques-uns pour enregistrer la lecture au studio. Hermann, lui, avec son agence Zaziwe, devait se charger de l’enregistrement.

Avec deux lecteurs après une séance de lecture

 Pendant les séances de lecture, j’ai eu un peu de mal à capter l’attention des enfants, parce que l’histoire n’était pas encore illustrée. Je lisais tout en leur montrant les écrits pour faciliter leur compréhension. Il fallait ensuite faire attention aux mots qu’ils ne comprenaient pas pour leur expliquer. Ces mots seraient également définis dans le lexique du magazine. Après quelques questions à la fin, ils donnent leur verdict. Ils ont aimé l’histoire de Jim et son ami Eno. Jim a trouvé un singe blessé dans la brousse. Il l’a ramené chez lui et son père l’a aidé à le soigner. Ses trois meilleurs amis Ima, Désiré, et Ayao, lui rendent visite et embêtent l’animal. Énervé, Jim leur demande de partir, et ils décident de ne plus lui parler. Mais un danger guette Eno, et Ima a l’intention d’aider Jim à sauver son ami.  La soirée d’enregistrement avec les enfants prend fin après 18h. Ma sœur et Marc Antoine sont déjà rentrés mais avec les trois autres enfants, ont fait un tour rapide au glacier. Ils méritent leur récompense. Sur le chemin du retour vers Yopougon, je demande les retours d’expérience de Coucouni, et Elias. Ils ont beaucoup aimé. C’était fatiguant mais intéressant. Ils semblent avoir oublié toute la fatigue depuis qu’ils ont vu les glaces. Apparemment ils en raffolent autant que moi…  Mais si pour nous le plus gros du boulot était terminé, l’équipe de Zaziwe, elle, devait encore travailler au montage. Quelques retouches plus tard, un retour en studio pour le narrateur et les chanteuses du générique, l’audio de “Il faut sauver Eno” est enfin disponible. 

 L’histoire est simple et les dessins de la version finale la rendent encore plus intéressante. L’audio facilitera la lecture pour vos enfants et à la fin de chaque magazine, il y a un lexique, des questions de compréhension, de petits rajouts d’information et des jeux en rapport avec le thème.  Planète est l’unique magazine auquel j’étais abonnée pendant toute mon enfance. Du primaire au lycée, j’ai dévoré les pages de “Planète Enfants” et “Planète Jeunes”. Aujourd’hui, Bayard a opté pour quelques changements et propose “Planète Okapi” pour les enfants du CM à la 5e et “Planète J’aime Lire” pour les enfants de 5 à 8 ans. J’ai adoré contribuer à l’enregistrement audio du numéro d’Avril. Je n’imaginais pas que mon amour pour la lecture et le Centre Eulis m’amèneraient à vivre une telle expérience. J’ai eu l’occasion d’aiguiser ma patience et d’apprendre de nouvelles choses auprès des enfants et de toute l’équipe. Les enfants sont fiers d’entendre leur voix sur le rendu final et je sens que le Centre remplit bien sa mission de leur faire découvrir le monde.  Si vous souhaitez faire aimer la lecture à vos enfants, je vous recommande vivement de leur offrir des abonnements aux magazines “Planète”. Et si vous êtes à Yopougon, vous pourrez même retirer les magazines au Centre Eulis.